Une mission dans le GobiPhilippe et Nicolas, respectivement homme de tous les métiers, probablement un des seuls monteurs de yourtes en France et un hydrogéologue fraîchement diplômés terminent leur mission. Visages et impressions mitigées... Trois semaines a Bogd, petit village de 6000 habitants aux portes du Gobi, dans le cadre d'un échange Allier-Ovorhangkai. Continuité logique d'une mission, qui, deux années auparavant, avait permis de mettre en place une chaudière, un compresseur et tout le système de tuyauterie des douches de l'internat. Deux techniciens de la plomberie avaient alors réalisé un important travail avec les moyens du bord, mais faute de temps et d'électricité n'avaient pu faire fonctionner l'ensemble. La mission actuelle comporte deux orientations : la réalisation par Nicolas d'une étude du bassin versant hydrogéologique et hydrologique sur la base d'archives, de cartes, de levés et mesures sur place dans les puits d'alimentation de Bogd ainsi que la réalisation des essais, des réglages et la mise en fonction par Philippe du chantier de l'internat reste en veille durant deux années. Une récente visite du directeur de l'association française a en effet, a la surprise générale, permis de se rendre compte de nombreux changements réalisés sur le système initial. Avec pour seules informations un schéma du système initial et quelques photos exploitées, non sans difficultés de compréhension, lors d'une longue réunion précédent le départ, Philippe et Nicolas ont une journée dans la capitale pour établir la liste de leurs besoins matériels et faire les achats. Véritable course contre la montre et bien moins simple qu'il n'y parait d'expliquer au jeune interprète de la mission ce qu'est un domino, un raccord mâle femelle et autres termes techniques... Deux journées de piste sont nécessaires pour arriver sur les lieux de travail, la seconde a 9 dans une petite jeep de 5 places européennes : « il parait qu'on y entre à 17, nous étions donc à l'aise et bien calés ! » conclut Philippe. Rencontre a mi-chemin avec le directeur de chancellerie, un des interlocuteurs de l'échange franco-mongol. mais tous sont particulièrement occupes par les élections a venir et le contingent français est même mis a la porte de l'hôtel réquisitionné par les politiciens communistes en campagne. Enfin, et avec consternation, les deux français découvrent leur chantier : «Nous n'avons pas compris, les tuyaux partaient dans tous les sens» explique Philippe. « Le chantier était abouti, il ne manquait que le courant pour faire fonctionner le système. A partir des photos, nous avons pu, lors de la réunion, définir quelques modifications majeures a mettre en place, et sans comprendre pourquoi, nous avons commence a faire ces modifications. Peu a peu, nous avons compris le nouvel ensemble pour revenir a la logique initiale du fonctionnement ! » Une semaine est nécessaire pour comprendre la logique du plombier et tout ce qu'elle avait d'illogique. « Au début, nous posions des questions au plombier, mais ses réponses étaient contradictoires. Il a par exemple déplace le ballon d'eau chaude, initialement a cote de la chaudière, a l'étage du dessus. Pour la gravite nous explique t'il un jour, par manque de place un autre ! ». Une grande partie du travail a donc été consacrée a simplifier les installations du plombier et remettre certains éléments en place. Une petite semaine de travail pour des gens du métier, mais quasiment toute la durée de la mission pour Philippe et Nicolas, qui ont pourtant su se rendre autonomes par un judicieux achat du matériel nécessaire et malgré les difficultés et retards d'approvisionnement a mi-parcours. On comprend cependant aisément qu'il n'a pas été facile pour le plombier, depuis 35 ans au service de l'école, d'accepter 2 étrangers qui viennent momentanément prendre sa place. « Au début, le plombier intervenait pour tout et donnait son avis en permanence. Il fallait tout lui expliquer et nous perdions beaucoup de temps. Ce n'était pas gérable, alors nous lui avons explique qu'il devait nous laisser travailler jusqu'à la réunion finale » explique Nicolas. A l'exception de cet intérêt quelque peu encombrant et d'une aide sporadique, mais sans grand enthousiasme de l'interprète, les deux apprentis plombiers regrettent toutefois que les responsables concernes par leur travaux n'aient pas été présents durant toute la mission. Seuls les enfants de l'internat ont joyeusement participe des que possible, appréciant surtout les batailles d'eau sale ! Élections pour les uns, désintérêt ou examens de fin d'année pour les autres, la gouverneur de Bogd s'excusera de cette présence minime. Un manque de coordination et d'intérêt local que regrettent les deux missionnaires français qui en dehors de la tuyauterie ont le sentiment d'avoir trop peu partage et découvert la culture mongole. D'autant que le jeune interprète, au caractère un peu difficile n'a pas facilite leur intégration. « En fin de compte, nous avons travaille seuls dans notre coin pendant trois semaines » constate Nicolas. « Concrètement, sur le plan technique, le bilan est positif, mais pour l'avenir, la réussite tient au fait que quelques personnes compétentes suivent et comprennent le système. Le passage des connaissances est primordial et le rôle de l'association tient aussi a cela. Elle doit mettre en valeur nos efforts et montrer qu'il faut qu'il y en ait aussi du cote mongol. Il était d'ailleurs prévu qu'il y ait un apprentissage, un suivi, mais nous n'en avons jamais vu la couleur » regrette Nicolas. Le jour du départ, après trois semaines passées a refaire le système de tuyauterie et mettre la chaudière en marche, négligeant par faute de temps la partie hydrogéologique, ils apprennent par la gouverneur que la province locale prévoit l'achat d'un ballon électrique. Nicolas en reste consterne, d'autant qu'il semble que le plombier va reprendre le relais... Travail inutile ? Certainement pas, mais peut être pas si simple qu'il n'y parait de bricoler dans le Gobi ! |
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