Le désert de Gobi

J'ai laissé dans les lointains déserts d'Asie quelque chose de bien cher que l'Europe ne peut pas me rendre... C'est la liberté...

Nicolaï Prjevalski

Deux chevaux m'ont progressivement mené aux portes du Gobi. Lorsque ce dernier fut trop rude à l'égard de mes montures, j'ai du poursuivre à pied, portant une lourde charge d'eau. Afin de traverser la cuvette centrale du Gobi mongol, plus aride encore, j'ai donc préféré m'adapter au mode de vie des nomades en m'octroyant la précieuse compagnie d'un chameau de Bactriane.

La rencontre des pâtres nomadisants et la nécessité de mêler leurs informations à celles de ma carte, m'ont amenée au fil des jours à savoir lire leur environnement et trouver les puits, garants de toute vie dans le Gobi. Car au cœur de ces vastes étendues qui confrontent ciel et terre, un campement n'existe qu'à proximité de son puit.

Il n'existe pas de Gobi tel que notre esprit imagine le désert. Les gobis sont de larges dépressions aux sols divers, recouvrant un tiers de la Mongolie et s'inscrivant dans le grand désert d'Asie, étiré jusqu'en Asie centrale. Ces régions arides sont soumises à un système de pression particulièrement variable : l'hiver, froid et enneigé, le mercure peut atteindre les -40°C alors qu'en été, saison chaude et orageuse, la température grimpe jusqu'à 40°C.


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Le sud mongol est néanmoins « troué » de puits. La plupart sont peu profonds, puisant dans la nappe superficielle, patrimoines des nomades. Ceux forés sous occupation Russe, sont aujourd'hui en grande partie hors d'usage. Quant aux rares cultures irriguées, elles n'existent qu'à proximité d'une source affleurante.