L'hiver au Zanskar

La vie de chaque être est comme une bulle d'eau.

Proverbe tibétain

Le désert chaud se transforme progressivement en désert froid, le sable en neige ; mais toujours avec une même absence : celle du précieux filet d'eau liquide. Isolée au Zanskar durant tout l'hiver, j'ai pu y mesurer l'importance vitale de la neige et de la glace. A 3500 mètres d'altitude, cette dernière devient une route et c'est en compagnie des porteurs locaux, dont j'ai partagé le travail, que j' ai découvert le tchadar, fleuve gelé providentiel. Apprendre la langue et les coutumes locales, participer à toutes les tâches locales jusqu' aux labours printaniers et enseigner l'anglais aux écoliers, nones et moinillons ont occupé le restant de l'hiver.

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Faut-il encore présenter le plateau tibétain, si proche du ciel, hors du temps et de l'espace, et qui a hanté la curiosité de tant de voyageurs : les pères Huc et Gabet, le colonel Prjevalski, Rockhill, Alexandra David-Néel, Ella Maillart, de nombreux espions indiens au service de la Couronne britannique et tant d'autres encore ?

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Outre la fascination qu'inspire cette région du monde, le plateau himalayen est avant tout le véritable château d'eau de l'Asie. Les grands fleuves qui arrosent et fertilisent les plaines au pied de l' Himalaya prennent leur source sur le « toit du monde », à l'instar de l'Indus, non loin du Zanskar. Cette haute vallée de l'Himalaya indien est le prolongement géographique et culturel du Tibet, un désert d'altitude isolé durant l'hiver.