Les Oasis des Kunlun

Le désert t'apprendra qu'il existe une chose que l'on peut désirer et aimer plus qu'une femme : l'eau

Proverbe africain

En compagnie d'un âne, moyen de transport des ouighours, je me suis rendue sur les hauts alpages où nomadisent les bergers avec de grands troupeaux. Suite à leur transhumance, j'ai longé les Kunlun vers le sud, au gré des sentes de bêtes et des villages de montagnes, oasis miniatures, à l'instar des villes du Taklamakan, faisant peu à peu connaissance avec un peuple méconnu qui essaime le Xinjiang depuis plus de mille ans.

Les Kunlun, arc aride et pelé culminant à plus de 7000 mètres d'altitude, barrent deux déserts : le vaste ovoïde de sable du Taklamakan encerclé de villes oasis, et le plateau tibétain émaillés de lacs, dont la plupart sont salés à flanc des Kunlun. Son versant du Xinjiang, état le plus à l'ouest de la vaste Chine, est peuplé d'ouighours, une minorité musulmane d'agriculteurs qui doivent leur pérennisation à des méthodes d'irrigation ancestrales.

Or l'eau, essentiellement issue des torrents des montagnes, est primordiale à l'irrigation des oasis, véritables réseaux de canaux à la gestion souvent complexe. Plus récemment, une démographie explosive, et le développement moderne de ces villes, contraint à réviser ces modes de gestion.